Crispi : puis-je te dire combien l'amitié m'est importante?
Djo : oui.
Crispi : alors je te le dis! L'amitié est importante. Importante!!
Elle n'a pas besoin de grands mots ni de gestes démesurés quand elle coule de source, mais elle doit être là, juste là. Ressentie, profonde, vide de sens unique et lourde de sens pour l'autre, tapie dans l'ombre, mais prête à surgir, à tout moment.
Comme un tigre du Bengale. L'amitié est un tigre du Bengale!
L'image te trouble, je le sens. Elle est trop forte? Le tigre ne partage RIEN?
Djo : je ne suis pas troublée, non. Je te vois aller, en amitié, depuis tant d'années.
Crispi : bon, d'accord. T'as de l'avance... mais je dois témoigner.
Djo : vas-y. Je veux un bel exemple!
Crispi : une amie m'appelle en pleurant, elle vient de se chicaner avec son Jules.
Elle renifle, morve, s'étouffe et tout ce que tu veux.
Pour lui remonter le moral, je lui annonce - sans réfléchir - une bonne nouvelle, me concernant. Et voilà qu'elle oublie sa peine pour être entière à mon bonheur et que dans ses larmes, elle sourit. Bien sûr, nous nous excusons toutes les deux - tournant comme des dindes autour de nos portables -, elle d'avoir trop de peine sans en avoir fait le ménage, moi de n'avoir pas su contenir ma joie.
Tu vois le tableau?
Djo : oui. Et j'aime ce tableau. Tu y es en aquarelle, en acrylique et en eau forte!
Crispi : tsé? Je trébuche? Tu m'attends. Je me trompe? Tu souris. T'as de la peine? Viens un peu là!
C'est simple!
Mais quel espace fantastique qui peut aussi supporter deux soleils qui brillent en même temps!!
Djo : tu es une amie fantastique et tu as des amitiés fantastiques.
Crispi : à l'heure où tout est calculé, où les gens s'unissent par intérêt, je célèbre les amitiés gratis qui ne servent à rien d'autre qu'à s'aimer. Voilà où je voulais en venir!
En continuant de croire au partage ou à quelque chose qui va un peu plus loin que la superficialité ambiante, tu comprends.
Djo : je comprends.
Crispi : tu y vois un lien avec notre billet précédent?
Djo : oui.
Crispi : bah. T'es trop perspicace.
Joyeuse St-Valentin!
Wow! Un tigre du Bengale...! je verrais aussi, dans le même ordre d'idée, un gros ours blanc sur sa banquise à la dérive, sur laquelle grimpe un autre mammifère, question de se reposer un peu des courants marins et autres vicissitudes de la vie aquatique.
RépondreSupprimerJe viens justement de me faire une nouvelle amie toute neuve. Ça a l'air qu'elle a jamais eu d'amis de gars.