21 décembre 2010

Wô, joyeuse fêtes et souhaits connexes

On a longtemps tergiversé, Djo et moi.

Parce qu'on a d'abord pensé écrire une revue de l'année un peu cinglante avec tous nos coups de gueule et nos quelques coups de coeur. Mais c'eût été trop facile, croyons-nous.

On s'est plutôt concentrées sur ce qu'on devrait chacune proposer comme souhait universel, à partir de ce qui semblait nous avoir manqué le plus en 2010 et avoir aussi manqué à la plupart de notre entourage.

On réfléchit jusque là? Ça nous arrive, entre trois bouches pleines dans deux partys de bureau!

---------------------------
Donc, je commence.

Ce que j'ai remarqué le plus en 2010, en naviguant plus qu'à mon habitude sur les réseaux sociaux, c'est la quantité de bruit qu'on y trouve.

Beaucoup de tapage pour peu de contenu, énormément d'auto promotion pour si peu d'originalité, malgré que j'adore y naviguer!

Chacun y cherche ce qu'il veut, légitimement, mais je me demande toujours quelle est la pertinence d'y étaler sa vie privée et d'y vendre son corps et son âme sur plus que cinq tweets ou statuts d'affilée, en une heure.

D'y projeter son nombril à la vingt et sans l'ombre d'un questionnement.

À la suite de cette réflexion politiquement incorrecte, où je vous passe les egos et les déceptions rencontrés en cours d'année,  j'ai exploré mes relations personnelles et sociales et je me suis aperçue que ce qui m'a franchement manqué, en 2010, ce n'est pas la famille ni la santé ni les projets, mais la présence physique des autres, de mes amis et de mes connaissances, dans ce que la vie a de plus spontané, de plus simple, en dehors de Facebook et de Twitter.

C'est donc du temps pour les autres dont je parle!

Du partage bébête de temps, au delà des médias sociaux, ceux-ci n'étant pas la principale cause de ma dérive, mais un simple facteur aggravant.

Non mais sérieusement.

Qui a encore du temps, en 2010, quand même le mot sent presque le moisi?

Qui prend le temps d'écrire un courriel de 5 lignes plus long que le "thankya, brother" nécessaire pour ne pas perdre ses amitiés?

J'ai reçu une carte de Noël d'une copine cette année et j'étais tout émue d'y lire une note personnelle, écrite à la main. Tellement vintage! qu'on pourrait jaser d'exploit.

J'ironise, mais pourtant j'hésite maintenant à me déplacer physiquement pour soutenir une amie qui ne va pas SI mal mais qui va ordinaire, je dirais. Je la suis par textos avec des mots qui réconfortent, je lui fais livrer des fleurs, je la fais rigoler à distance, mais aller la voir?

Un pas que je franchis de moins en moins.

Et je ne parle pas de celle qui veut se suicider ou de l'autre qui soigne une cicatrice post-opératoire, là, mais de celle qui me signifie que ça pourrait-aller-mieux.

Suis-je donc devenue si lâche?

Ai-je envie de rencontrer - pour de vrai! - des personnes aidées par les organismes à qui je donne par téléphone à chaque année? Ai-je, ne serait-ce qu'un peu, le goût de réconforter avec des mots et un regard une mère de quatre enfants qui en a plein son casque et veut tout sacrer là?

Yvon Deschanps disait quelque chose de merveilleux dans un de ses monologues : je vous aime tous mais ne venez pas me voir un par un après le spectacle, par z'empe.

Et c'est exactement ce que je veux dire!

Le renoncement sournois à s'engager au-delà de la zone de confort. L'impression de perdre du temps de qualité quand on le donne aux autres.

C'est tellement facile de dire qu'on s'aime ou qu'on devrait se voir, prévisible de proposer d'aider quand on sait déjà que ça n'arrivera jamais, parce qu'on est tellement occupé par le boulot, les kids, une course, un rush INCROYABLE avant Noël!

Tout se justifie, quand on s'en donne la peine. Toutes les circonstances atténuantes sont valables si on se force un peu pour y croire.

Personnellement, j'y perds au change.

Et je trouve moche de balayer une valeur de partage à laquelle je crois pourtant si fort - legs de mes valeurs judéo-chrétiennes out - au profit d'un lutte égocentrique que j'oserais qualifier de... vaine.

Car un trouble partagé, une lueur dans les yeux, la chaleur d'une main sur la joue, une opinion contraire ou le contact avec la souffrance sont autant de détails qui nourrissent certainement plus ma vie que mon propre reflet dans le miroir.

Alors pour moi ce temps des fêtes servira à dire wô.

Wô à cette vague monstrueuse d'égocentrisme libidineux dont je fais partie!

Et cette année, regardez-moi bien tenter de multiplier mon temps pour les autres et de tout essayer pour arrêter cette escalade du moi. J'en fais une quête personnelle.

On a déjà parlé de l'éloge de la lenteur?

Parlons donc de l'éloge du don de soi avec-pas-plus-long-d'agenda, tiens.

C'est ce que je me souhaite - et que je vous souhaite aussi - pour 2011.

Simplement du temps, du crisse de temps!, pour les gens qu'on dit aimer et pour les causes qu'on veut défendre.


Crispi

----------------------------
Un souhait pour 2011.

Celui d'être gouverné par des gens compétents, responsables et honnêtes!

Je le souhaite aux Haïtiens, aux Ivoiriens, aux Coréens, aux Italiens, aux Grecs, au monde entier.

Mais je nous le souhaite à nous aussi, qui, en tant que démocratie, avons le droit de choisir.

Je nous souhaite des dirigeants qui pensent collectivité, qui pensent avenir, qui pensent jeunesse, qui pensent vieillesse, qui pensent santé, qui pensent respect. Tant au niveau fédéral que provincial que municipal que paroissial que scolaire.

Que nous choisissions minutieusement ceux qu'on gratifiera d'un petit x à côté de leur nom.

Eux, leur programme, leur chef!

Je nous souhaite d'être vigilants, d'être informés, d'être avertis et clairs dans nos attentes.

Restons alertes, ajustons nos oreilles de lapin mettons le piton indignation à on. Parlons-nous des claims en Gaspésie comme des forages de shit, des abus comme des passe-droits.

Je nous souhaite des émissions Enquête sur le comment du caramel dans la Caramilk.

Voilà.

Bon Noël blanc et vert à vous, à vos proches et à votre communauté.

Explosez-vous ce que vous voulez, votre panse, votre foie, votre porte-feuille si ça vous chante et ne laissez personne vous dire quoi faire!

À part nous.


Djo

Crispi : euh... t'écris les discours d'Amir Khadir, maintenant?


Djo : et toi t'es la relève de mère Teresa??


Crispi : je. t'aime.


Djo : moi aussi.

7 commentaires:

  1. Merci mesdames pour ce beau témoignage. Ça sonne comme un slogan publicitaire : "Juste du vrai" ! Je suis touché par l'impression de vérité qui s'en dégage. J'étais à préparer un billet sur le bonheur et je m'étonnais de me voir déprimer un peu de la condition humaine qui semble tout faire pour se rendre la vie plus malheureuse. J'aime la résolution (ou révolution) du "wô" et de ce qu'elle comporte.

    RépondreSupprimer
  2. Joyeuses fêtes à vous deux, vous nous ressemblez tant qu'on ne peut que vous aimer.

    RépondreSupprimer
  3. Avoir du temps pour les autres est-ce que ça veut dire que tu pourrais me cuisiner 2-3 tourtières...?

    RépondreSupprimer
  4. Merci. Vous me renforcez dans ma résolution à prendre du temps avec ceux que j'aime.

    Jean-François Giguère

    RépondreSupprimer
  5. Ben moi je nous souhaite plus de Djo et de Chrispi pour 2011!

    Et à vous deux, je souhaite du gros bonheur collant, du réchauffant, du confortable. Et du temps passé en bonne compagnie avec du monde aux égos mesurés et aux coeurs plus grand que la marée.

    Grosse bise et merci encore d'être ce que vous êtes.

    Une Marie

    RépondreSupprimer
  6. C'est, on dirait, rendu un luxe que de s'arrêter, de prendre et de donner du temps. Y'a des demi-heures qui font plus de bien qu'un gros lot du 6-49 ! Je vous souhaite une année 2011 pleine avec des beaux grands vides dont vous ferez ce que vous souhaitez ! xxx

    RépondreSupprimer
  7. Amir Khadir, dixième personnalité de l'année. Ouf ! On est pas sorti du bois ! Bonnes 2011 les filles !

    RépondreSupprimer