mercredi 6 février 2008

Éternel recommencement

Ils arrivent de partout.

Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils ont des causes, mais des causes !

Nobles, pertinentes, urgentes. Leur vie n'est que respect et engagement. Leurs loisirs sont collés sur leur travail, leur vie est harmonie, passion, réflexion, basée sur le combat : planète, justice, paix, droits humains, économie mondiale, surconsommation, esprit sain, corps sain, etc. Ils consomment local et ont tous un compost en trois sections sous leur lit.

Ils sont pare-fas.

Leurs vêtements sont à leur 3e cycle même s'ils ont les moyens d'aller chez Luxité, mais leur look est super, ils sont propres sur eux. Ils discutent répartition des richesses, allaitement, communauté et locomotion hybride.

Art, médias, festival, théâtre, cinéma, musique, poésie, ils sont.

Ils sont attirés par Montréal, ville cool et dynamique et ils viennent tous vivre dans mon quartier !

Génial, bravo! Je peux-tu être votre amie? J'ai des pancartes en masse dans mon sous-sol! J'ai suivi deux cours de simplicité volontaire et j'ai une amie qui habite près de chez François Cardinal !!! Heille, ça n'est pas tout : j'ai croisé Laure Waridel dans une fête d'enfants et j'ai déjà fait un rêve érotique avec David Suzuki!

Enthousiasme est le bas mot. Comment être contre la vertu?

Telle Carmen, je pars en campagne avec mes nouveaux amis.

Mais? C'est que... euh... y'a un problème.

C'est que, j'ai comme l'impression que les trottoirs roulent en anglais.

?

Car si jamais un mot non réfléchi ne sort de la bouche de mes nouveaux amis, presque jamais non plus n'en sort un mot en français. Ils arrivent de partout, ils travaillent en anglais, ils vivent en anglais et ne prendront jamais ? le virage français.

Nobles, pertinentes, urgentes. Leur vie n'est que respect et engagement. Leurs loisirs sont collés sur leur travail, leur vie est harmonie, passion, réflexion, basée sur le combat : planète, justice, paix, droits humains, économie mondiale, surconsommation, esprit sain, corps sain, etc. Ils consomment local et ont tous un compost en trois sections sous leur lit.

Leur vie est basée sur le respect. Mais j'ai l'impression qu'il leur en manque un petit bout. Dans mon quartier, maintenant, je me sens comme dans un film sans sous-titres.

Et si je leur dis que c'est une cause, aussi, pour nous, le français? Vous connaissez? Leur belle éducation me répond, par leur bouche, quelque chose que je ne vois pas dans leurs yeux.

Et savez-vous ce qui me déconcerte le plus? C'est qu'ils sont tellement sûrs d'eux.

St-Camille, venez à notre secours !


Djo

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Ah, le sujet à mille piasses, le festival de la poutre dans l'oeil !

Dans ma banlieue Louis-Vuitton, le nez collé sur la vitre, tout le monde est Louis-Vuitton.

On porte tous le même chandail Taylor et il ne nous viendrait jamais à l'esprit, durant une partie de hockey dans notre superbe aréna, ou marchant sur Victoria, de s'énerver avec les différences. On feele doux et dans les deux langues siwouplaît.

On est bi.

Pas question de se crier des fuck you ni des va donc chez le yable, borné toi-même ! Beaucoup trop polis et bien élevés pour ça. On passe rapidement le Pledge sur toute trace de malentendus et on boit notre Purell en famille reconstituée.

Cherchez l'erreur.

Je me souviens que chez toi, Djo, on a déjà craché sur mon truck, mais je ne me souviens pas dans quelle langue c'était craché.

Le kyotois ?


Crispi

22 commentaires:

Philippe-A a dit…

À Hochelag, ils jettent leur papiers par terre, ne ramassent jamais les crottes de leur chien, semblent persuadés à être les seuls qui utilisent les trottoirs ou les portes et ont besoin de peu pour vous envoyer chier, même s'ils sont généréalement sympathique.

Mais chose certaine, on est certain de se faire parler en français. Ici, l'Anglais n'existe que dans les anglicismes.

Crispi ou Djo a dit…

Philippe-A :

C'est drôle, je pense que j'aime plus tes «ils» que les miens.

:)

Djo

lhiverakhartoum a dit…

Île désertent!

Denis Thibault a dit…

Après ça on 's'étonne', on ne 'comprends' pas pourquoi le NPD ne décolle jamais et que le Parti Vert est condamné aux rôles de figuration, ici au Québec.

Il y a, ici et en partie, surtout dans cette tranche de population, dans l'enthousiasme qui pousse vers ce nouveau vertuisme inattaquable quelque chose qui confine à l'occultation. C'est le plein d'un creux, en cisaille sur une autre échelle de valeurs, d'histoires et de politiques qui parcourt la mémoire collective depuis 1830.

Crispi ou Djo a dit…

Le plein d'un creux... c'est joliment dit et c'est totalement vrai, à mon avis. Tristement vrai.

Crispi

Denis T. a dit…

Un film sans sous-titre. C'est bon comme image.

Moi, quand il y a trop de respect... j'ai un doute et un réflexe de prudence, car l'odeur des soutanes et des génuflexions ne sont jamais loin...

regor a dit…

C'est le refus du débat....c'est l'hymne à la conformité.
Vivement de bons débats comme dans le temps ou mon père (Libéral viscéral) débattait pour ne pas dire se battait avec l'ouvier du coin (Péquiste fanatique)pour faire valoir son idéologie.

Denis: L'odeur des soutanes...belle métaphore

Anonyme a dit…

Il y a neuf ans, lorsque je suis arrivé à Montréal, ville-île de l'océan nord-américain, j'étais fasciné de trouver du Français partout : sur les affiches de film ("couleurs primaires" pour "primary colors"), sur les panneaux de circulation (je viens d'un pays francophone où il y a des "stop", et non des "arrêt") et surtout, surtout, dans la quasi-totalité des bouches que je croisais dans la rue.
Hier, coin Parc-Bernard, j'ai demandé où se trouvait le M Café, et ce pare-fas m'a répondu en anglais.
Demain, j'hésiterai peut-être à commencer par le Français.
Aujourd'hui, je pense à ce demain, et oui, pour notre petite île au milieu de cet immense océan, ce sera toujours un éternel recommencement.

Olivier

Crispi ou Djo a dit…

@ Denis et Regor, je vois que l'histoire veut dire quelque chose, pour vous. Qu'on apprend en regardant en arrière. Mais eux, ils s'en fout. Ce n'est pas LEUR histoire.

Il ne faut pas commencer par l'anglais, Olivier, on doit résister un minimum.

Bien sûr que c'est de l'ordre de l'inéluctable mais, de grâce, ne baissons pas les bras aussi vite.

Qu'on garde au moins l'impression (l'illusion?) qu'on combat encore.

Djo

Panthère rousse a dit…

Dis donc, Djo, on dirait qu'on est voisines. Ça me fait un peu ch...r à l'Olimpico lorsque j'entends des francos qui parlent anglais entre eux (ça arrive...) ou qui «switchent» constamment de langue, d'une phrase à l'autre ou même au milieu d'une, mais j'adore quand même le Mile-End.

En passant, je suis peut-être bien ignorante, mais c'est quoi un pare-fas?

Anonyme a dit…

Bonjour Panthère rousse.

On est probablement voisines :)

Des pare-fas, ce sont des gens parfaits. Mais encore plus-que-parfaits. Pare-fas.

Djo

Panthère rousse a dit…

Merci d'avoir éclairé ma lanterne! J'aurais dû essayer de le dire tout haut, j'aurais peut-être cliqué...

Alors qui sait, on se côtoiera peut-être un jour sur une terrasse, mais pas ces temps-ci!!! Brrrrr....

Panthère rousse a dit…

Excusez-moi de multiplier les commentaires, mais je viens encore une fois de constater à quel point le monde est petit! Et la blogosphère... J'ai suivi le lien vers le site de PP, je n'arrivais pas à identifier la personne en question sur les photos, trop petites ou trop sombres, trop d'années écoulées. Le CV a attiré mon attention, musicien et peintre, originaire de Québec, maintenant à Paris. J'ai fait apppel à Line (http://linerouge.blogspot.com/ - oui, c'est bien cette Line-là) et elle a reconnu votre photo, l'ayant déjà vue chez vos parents. Moi aussi je suis allée chez vos parents, à l'époque bien lointaine (il y a 35 ans peut-être?) où je sortais avec Bartho. J'ai vu P pour la dernière fois à Paris en 1996 et j'habite maintenant tout près de son ancien appartement de l'avenue du Parc. Djo, on s'est vues plusieurs fois, mais ça fait tellement longtemps. La dernière fois fois au Conti, je pense, et sans doute quelques fois chez Line. Crispi, Line t'a mentionnée souvent, mais je pense que je ne t'ai vue qu'une fois, et encore. Djo, si tu jases avec Line, elle pourra te dire qui je suis, mais je ne suis pas sûre que tu te souviennes de moi. En tout cas, c'est drôle de vous retrouver (grâce à un lien de Chroniques blondes) et je vais continuer à vous lire, vous me faites bien rire!

Anonyme a dit…

Wow! Le monde est micro!

Je me rappelle d'une blonde de Bartho mais ça fait pas 35 ans. Ça fait 20 ans max.

Donc je me rappelle probablement de toi mais pas en tant que blonde de Bartho?

Par contre, je me rappelle d'une rousse, blonde de Jean-Marc. Et amie de Line.

Et je me rappelle d'une amie de Line et Raoul que j'aimais bien, qui faisait dojo avec eux. Mais elle n'était pas rousse.

:)

Djo

Panthère rousse a dit…

C'était moi la rousse blonde de Jean-Marc, de 1985 à 1989 pour être précise. Et je ne suis pas très zen, pas mal trop énervée pour ça. Ben dis donc, faudra faire un party de blogueuses du Mile-End un jour... Tu peux voir une photo (pas très reconnaissable peut-être) ici : panthererousse.blogspot.com/2006/01/une-vie-en-dehors-dinternet_19.html

Danièle la Panthère rousse

Panthère rousse a dit…

Le lien ci-dessus devrait finir par une-vie-en-dehors-dinternet_19.html Scusez et là bon, OK, j'arrête de monopoliser votre blogue.

Crispi ou Djo a dit…

Oui, c'est elle, la rousse! Je me rappelle très bien de toi.

Je me rappelle être allée manger chez toi et Jean-Marc, avec Pierre, sur une terrasse, Papineau-Marie-Anne.

:)

Djo

Crispi ou Djo a dit…

Ça doit faire 25 ans.

Djo

Panthère rousse a dit…

Un peu moins de 25 ans (quelque part entre 19 et 23 ans) et nous habitions effectivement sur Papineau, mais entre Mont-Royal et Gilford. Et ma mémoire est moins bonne que la tienne, car je ne me souviens pas de cette fois-là... Mais je suis un peu plus vieille que toi, je pense, alors j'ai le droit de perdre plus la mémoire. :-)

Anonyme a dit…

Salut panthère rousse...

Je ne me rappelle pas t'avoir vu à Paris il y a 12 ans , ravive donc ma mémoire.

Que sont ils devenus, Bartho et Jean-Marc au fait ???

Le plus simple est de switcher sur les courriels.


Jus d'oeuf

T'embrasses

Crispi ou Djo a dit…

Non, continuez ici, faites comme chez vous !

:)

Djo

Panthère rousse a dit…

Cou' donc, c'est le gros party ici, tout le monde est là et j'ai lu Djo chez Line. Mais je vais répondre à Pierre par courriel, ne vous déplaise.