jeudi 26 novembre 2009

Thanksgiving en clichés

On est dans un film, OK? Une comédie romantique américaine.

Une maison, en banlieue chic d'une grande ville, assez au nord pour qu'il y ait de la neige. Début de soirée, la maison étincelle. Grimpé sur le toit, le père (disons Sam Sheppard) sacre après les lumières de Noël qui viennent de dégringoler de la corniche. Dedans, il y la mère (au hasard, mettons, Diane Keaton) qui est aux fourneaux, et ça fleure bon la dinde et la tarte aux pommes.

Leurs grands enfants arrivent les uns après les autres, ayant laissé leurs problèmes derrière eux pour ces quelques jours qu'ils vont passer «à la maison». Et que ça s'embrasse et que ça se complimente et que ça s'aime!

Les gars s'asticotent sur les résultats des trois matches de football qu'ils vont regarder ensemble, demain, en mangeant des ailes de poulet et en buvant de la Budweiser. Les Lions, les Broncos, les Giants, les Cowboys? Voilà tout ce qui compte, pour le moment.

Les filles soufflent un peu juste à l'idée de se laisser materner, elles qui ont enfin quelques jours de répit de leur vie multi-tâches, vie de fou qu'elles ont pourtant choisie. Elles oublient leur boulot, New York ou Washington et commencent à faire les plans pour Noël. Les fous rires et les confidences et les compliments fusent, voilà tout ce qui compte, pour le moment.

Les petits investissent leurs quartiers, survoltés et sont contents de trouver des petits cadeaux dans leurs chambres attitrées. Ils ont un biscuit maison dans la bouche. Et quatre autres dans les mains. Jouer, jouer et jouer, voilà tout ce qui compte, pour le moment.

Le père finit par rentrer et demande qu'on sorte admirer son oeuvre. En rouge et blanc, cette année. La seule mainmise qu'il a sur les décorations de Noël. Il a tout un assortiment de couleurs et en joue comme bon lui semble.

La famille sort à la queue-leu-leu, leur grand sourire étampé.

En passant la mère active le lecteur cd qui joue, pour la première fois cette année, une chanson de Noël.


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Me semble que juste l'écrire, c'est reposant.


Djo
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Comédie romantique américaine et Thanksgiving, on a dit?

Spa luxueux, Hanover, Massachusetts, intérieur d'une large cabine.

Melodie (Naomi Watts, mettons) relaxe sous la boue verte après avoir livré trois articles en ligne à son éditeur, ce salaud qui veut la baiser depuis un bon moment et la harcèle sans cesse.

Elle en a marre de tout et voudrait juste passer un week-end en amoureux avec son jeune amant Asthon, l'ex-collègue de Helmutt, son mari.

Bien sûr que c'est impossible because Thanksgiving, Hell, les enfants et tout, alors elle se rabat sur le spa et le massage suédois.

C'est bientôt Noël, qu'elle se dit, ça coûtera ce que ça coûtera - pfft and more!! - mais pour traverser ce week-end sans trop souffrir, il lui faut au moins son bonbon.

(Important : elle garde son portable et jase avec sa meilleure amie pendant toute la scène.)

Maison en bardeaux de cèdre, immense terrain, Hanover, Massachusetts, couché de soleil.

Helmutt (Daniel Craig, mettons), qu'on surnomme Hell, est aux fourneaux.

C'est lui qui cuisine pour la maisonnée la plupart du temps alors aujourd'hui, avec le poisson en croûte de sel de la Thanksgiving, il ne fait pas exception.

C'est d'ailleurs en cuisinant pour un souper pop-up qu'il a séduit sa deuxième femme, Melodie, il y a de cela tout juste un an.

Il est particulièrement heureux ce soir car il vient de vendre ses actions en agence pour se consacrer à son nouveau projet : l'élevage de boeuf Highland 100% naturel.

Il entend gueuler à l'étage et croit que c'est Kinder Louis, son plus vieux, que l'adolescence nargue encore.

Ça n'a rien à voir avec Indira, la fille de treize ans de Melodie dont il s'inquiète et qui est en désintox, mais il tend l'oreille tout de même et montera le voir dès qu'il pourra afin lui offrir le dernier Pete Yorn qu'il vient d'acheter au Shop and Save.

Lulëla arrive sur le fait avec son violoncelle sous le bras, embrasse Hell, vole un sac de biscuits - de la meilleure boulangerie du coin - et file pratiquer son instrument dans le loft, au quatrième.

Sur sa chaise habituelle, elle trouve la dernière partition de Bach dont elle avait tant envie.

Un texto de sa grammy - celle-ci est partie gravir l'Everest - entre sur son portable au même moment; ce cadeau vient naturellement d'elle! Lulëla promet à sa grand-mère de l'appeler un peu plus tard - via Skype - et de lui en jouer un bout.

Tristan et Sam débarquent à leur tour dans la cuisine avec 4 autres amis. Ils ouvrent et dévalisent le frigo de tout ce qui est liquide en discutant avec Helmutt. C'est qu'ils préparent un party de la mort qui tue pour ce soir et Hell devra leur "prêter" une ou deux bouteilles.

Helmutt ne dit jamais non à ses fils. Il leur promet que oui et les poussent hors de la cuisine afin de terminer la préparation de son repas.

Il met le poisson au four, tire un Pétrus de son cellier, l'ouvre et le boit au goulot en mangeant un reste de Kraft Dinner qu'il vient de découvrir dans un chaudron laissé sur le comptoir bondé de vaisselle. Il a toujours adoré le Kraft Dinner et aime bien ce mélange des saveurs avec le Pétrus...

Il sort - pieds nus, very important! - dans le jardin avec son chaudron, sa cuillère et sa bouteille. La nuit tombe mais le ciel est encore magnifique, plein de bleu et de rose. Le téléphone sonne, mais il ne rentre pas répondre. Il ne répond jamais, chez lui, d'ailleurs personne ne répond.

Il s'assoit plutôt confortablement dans une vieille adirondak et contemple les étoiles en pensant à sa douce Melodie.

On entend cette musique :


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Me semble que juste l'écrire, je rigole.


Crispi

mardi 24 novembre 2009

Circulaire or not circulaire? La joute

Chaque samedi, Dieu nous livre des circulaires.

Et il livre!

A peine réveillés, à peine un bec échangé, à peine la machine à café allumée, L'Homme et moi, nous nous jetons sur le sac comme des junkies que nous sommes et la vie n'est-elle pas bien faite? Nous n'avons pas les mêmes préférés!

À lui le Pneu canadien, le Future et le Sport Expert, à moi le Ikea, le La Baie et le Manteaux Manteaux. Ceux des épiceries, on se les passe, à la fin, après s'être fixés des sus-mentionnés.

Et on discute et on compare et on s'insurge. Pire qu'en lisant La Presse et Le Devoir!

Je bave sur les pages du Ogilvy, il me dit pour la 500e fois qu'un jour, il va avoir son banc de scie, quand il y aura de la place. On bitche sur les vedettes qui ont un Kanuk gratis. Pas un regard sur celui de Wal-Mart, le Ovide Plouffe de nos circulaires.

On a nos convictions, vous savez.
Mais voilà.
Les circulaires.

C'est pas Steven Guilbault Proof, ça, hein? C'est même pas Clique du Plateau Proof!

Ce qui nous fait dire, à chaque fin d'épluchette : «Ouais! Il faudrait bien acheter un petit auto-collant anti-circulaire».

Ouais.

Autant dire qu'on met ça en 78e place sur notre to do list.

Et au samedi suivant!

On choisit nos batailles, oui.

Mais les circulaires...

(Commentaire inutile à nous envoyer : Depuis quand la Clique du Plateau s'occupe d'écologie?)


Djo
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Dans le coin gauche, la famille Crispi.

Quel ramassis de n'importe quoi!

Des circulaires comme autant d'arbres coupés et de planète qui fonce tout droit sur le mur de la désintox. Quel, mais quel besoin de se vautrer à corps perdu dans une montagne d'impossibles rêves?

Quelle nécessité de voir 50 souffleuses pour en acheter une seule? 40 paires de seins pour négocier la courbe de son prochain soutif?

On se magasine des sacs en corduroy pour l'épicerie de l'hiver, on composte, on lave nos 2 litres de lait - on prend soigneusement le temps de remettre le bouchon - , on gaze égal, on mange de plus en plus équitable et on dirait oui à autant de gaspillage en ouvrant, de surcroit, la porte à la surconsommation?

Et si je vous disais que le DIX30 est un monument de laideur élevé en l'honneur de ce que nous ne sommes pas.

Et si je vous disais qu'on devrait tous se payer des abonnements à Greenpeace et à Bixi, par principe, pour encourager le geste citoyen, peu importe que nous endossions la totalité de l'action, plutôt que de se décrotter la frustration à coups de rêves cochons glanés dans des magazines.

On dit NON, NON, NON aux circulaires!

Et on tient bon.

Samedi, c'est café à volonté et on regarde à nouveau ce merveilleux film qu'est : Home.

Le voilà le rêve, si vous en cherchez un.


Crispi

dimanche 22 novembre 2009

A flibbertijibbet! A will-o'-the wisp! A clown!

Julie Andrews par Jude

samedi 21 novembre 2009

DL

Le voilà!

Avant le Lautrec Chaud - oui je sais, c'est exprès -, la moustache, le golf, le retour.

Avouez qu'il avait la gueule et le swing de l'emploi.





Crispi

vendredi 20 novembre 2009

Les 5 à 7 de Flora et Benoîte

Mois de novembre exceptionnel au point de vue température, n'en demeure pas moins que l'hiver arrivera bientôt, que la neige neigera et que nos vitres seront des jardins Nelligan.

Reusement qu'on a les livres!

La littérature, c'est la base de notre vie, notre sel, notre sang, notre phare dans cet univers caustique rempli de givrés.


Avec la musique.
Et le cinéma.
Et.
Et...

Non mais.

Les livres, ça tient au chaud et même si on ne va pas habituellement au Salon du livre - on essaie de cacher notre côté groupie - on est quand même toutes contentes de voir, ces jours-ci, dans nos médias, quelques-un de nos auteurs préférés et certains de nos amis.

On va glisser rapidement sur Alexandre Jardin et Pennac, car ils sont assez célébrés comme ça, mais lui, on ne peut tout simplement pas le laisser repartir sans prendre-prendre un apéro avec lui.

On profite de sa première visite au Québec et on invite celui qui est un de nos auteurs français préférés : Tonino Benacquista.

Si on a adoré sa série « noire » - que de bonheur avec La Maldonne des sleepings et Malavita, entre autres! - Saga demeure un de nos livres préférés ever et juste pour avoir écrit ça, il est dans notre Panthéon personnel.

If it's good enough for Mireille Deyglun, it's good enough pour nous.

On va se pointer au Salon, entrer par derrière - on a pris des notes la semaine dernière, nous! - pour aboutir pas trop loin des toilettes, section bar lugubre et sans décor.

Et on boira du mauvais vin, quelle importance!


Crispi et Djo

jeudi 19 novembre 2009

Couleur contre douleur

Mireille Vézina se lève le matin avec une seule idée en tête : créer.

Comment?
Avec quel médium?
Où?

On verra bien. Mais exprimer la vie, la sensibilité et l’énergie qui bouillonnent en elle, voilà ce qui l'anime, son moteur. Celui d'un F22.

Adepte des techniques mixtes, son œil vif et exigeant scanne et ramasse tout ce qui trouve grâce (papier, tissu, métaux, bois, gel, pâte, etc.) et elle superpose, colle, gosse, coupe, et construit ainsi de magistrales pièces à la facture surprenante.

Résolument urbaine, moderne et unique, son œuvre tient de l’architectural ascendant expressionniste et attire regards et admiration. C'est une artiste sans prétention aucune, qui ne laisse s’exprimer que son cœur.

Et ça a le coeur à l'ouvrage, ça, madame.

Picasso a dit : on passe toute notre vie à essayer de dessiner comme un enfant. Ou quelque chose du genre. Elle, elle est de même.

Elle participe, à partir du 20 novembre, à une expo pour une bonne cause. Une très bonne cause.

On ne peut décemment être contre ça.

Pour voir un peu de ses oeuvres, c'est ici.


Djo
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J'y serai.


Crispi